Archives de catégorie : thés verts

Le thé à Myanmar

Myanmar (Ex-Birmanie, capitale: Naypiydaw – ainsi vous le saurez 😉 ) est un État d’Asie du Sud-Est continental voisin du Yunnan (Chine). Il se situe en plein centre de la zone originelle du thé. Le théier est principalement cultivé dans le Nord-Est du pays. Les États shan et kachin (éponymes des ethnies qui y demeurent) sont les premiers producteurs de cette République.

Certaines traces attestent de la consommation de thés étuvés et compressés à la mode Chinoise vers le XIe siècle. À cette époque la Birmanie, le Tibet et le Yunnan étaient réunis sous l’égide d’un même royaume. Ce thé était probablement cultivé et manufacturé dans le Yunnan. La culture du thé à Myanmar même ne débuterait que vers l’ère du Royame d’Ava (1364-1527) – même si le théier existait déjà à l’état sauvage dans les forêts birmanes. Aujourd’hui les processus de fabrication du thé se rapprochent de la fixation à chaleur sèche (qu’il soit traité en noir ou en vert) à la chinoise. La production du thé y demeure très artisanale, il y a peu de grandes factories et il n’est pas rare que les fermiers manufacturent le thé chez eux avec un équipement rudimentaire.

Aujourd’hui je vais découvrir deux thés (achetés chez Palais des Thés) en provenance de la montagne de Namhsan; l’un vert (Namhsan Kharchauk) l’autre noir (Namhsan Nichauk). Il s’agit de deux thés « frères » produits dans le même terroir mais traités différemment. C’est une grande première pour moi qui n’ai jamais goûté de thé de cette origine.

Namhsan Kharchauk (le vert)
Feuilles sèches: grandes feuilles foncées (plus brunes que vertes) torsadée. Odeur discrète végétal sec.
Infusions: Les feuilles toujours aussi sombre ont une odeur empyreumatique.
Liqueur: La saveur est acide (et légèrement sucrée), les notes: végétal sec, iodé, empyreumatique, silex, fruit jaune. La texture est souple et astringente.
Profil organoleptique: C’est un thé souple mais assez vif, cette impression est renforcée par des notes qui ne sont pas sans rappeler les mao cha du Yunnan.

Namhsan Nichauk (le noir)
Feuilles sèches: grands feuilles torsadées avec un fort parfum de fruit séchés.
Infusions: les feuilles toujours torsadées gardent se parfum fruité.
Liqueur: Saveur sucrée, notes: fruits séchés (pruneaux), bois sec, nuances cacao, épices douces et vanille. La texture est très ample et ronde.
Profil organoleptique: Un thé tout en rondeur et en gourmandise. Les notes d’épices douce et de fruits secs se superposent parfaitement à la texture ronde du thé.

Melon Seed Green (Lu An Gua Pian) – Mei Leaf

Parmi mes cadeau d’anniversaire se trouvait une boîte de chez Mei Leaf contenant du Lu An Guan Pian. C’est un de mes thé vert chinois favori. J’avais déjà rédigé un article concernant ce type de thé sur mon blog. Il provenait alors de chez Nong Cha. L’occasion me semble bonne pour refaire un point sur le sujet et éventuellement comparer les deux.

En un an, la théorie et mes avis sur le sujet n’ont pas beaucoup changés. Je vous renvoie donc à mon ancien article pour ce qui est des informations pratiques. Je me permettrait juste de réinsister sur certains points qui me semblent essentiel à la compréhension de ce qu’est un Lu An Gua Pian (ou pépins de pastèque):

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La Corée du Sud

Les amateurs de thés verts le savent; il y a un manichéisme fort entre thé chinois et japonais mais connaissez-vous les thés coréens? La Corée du Sud n’est clairement pas un pays avec une forte production et consommation de thé mais les faibles quantités produites sont toujours d’excellente qualité. Ces thés – excepté quelques lots produits dans la région de Hadong – exclusivement verts et récoltés au printemps sont principalement vendus à prix d’or en interne.

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Tamaryokucha Kamai-iri cha – Camélia Sinensis

Lorsqu’on me demande d’expliquer la différence entre un thé vert chinois et un thé vert japonais la réponse est simple et invariablement la même: « Les Chinois sont fixés à la chaleur sèche sur du métal chaud tandis quel es Japonais le sont à la vapeur d’eau ». Voici un thé qui vient confirmer la règle : le Kamai-iri cha!

On le sait bien, l’archipel nippon pullule de thés verts de types sencha (en aiguille). À côté de ceux-ci, existent quelques autres vérités dont – entre autres – le Tamaryokucha (Le thé en boule : tama-(boule), ryoku(boisson verte) et évidemment cha-(thé) ).
Ce que parfois, on ignore, c’est qu’il existe deux types de Tamaryokucha: l’un traité à la vapeur de façon « ordinaire » au Japon : le Guricha et l’autre séché à sec au wok: le Kamai-iri cha. Aujourd’hui, nous allons un peu nous attarder sur cette petite exception à la règle japonaise. Continuer la lecture

Comparaison Long Jing de printemps 2017

Je l’avais annoncé juste avant Noël et vous êtes nombreux à m’en reparler, à me le réclamer: le grand jour de la dégustation est arrivé! Aujourd’hui, je vais tester concomitamment (ou presque) trois Long Jing de printemps 2017.

  • Le premier nous vient de la maison de thé Terre des Thés. Le sachet nous indique qu’il est récolté dans la région de Hangzhou au printemps 2017
  • le second a été commandé chez Mei Leaf à Londres. Récolté au printemps 2017 (avant qingming selon la boîte), la localisation est plus vague « Zhejiang » mais nous avons une altitude: « 600m ». On précise également le cultivar: Long Jing 43
  • La troisième a été acheté chez Nong Cha à Bruxelles. Il a été récolté avant Qingming dans la région de Xi Hu.
    • Jusqu’à présent – bien qu’avec un descriptif plus succins – Nong Cha est le plus complet sur la zone et la chronologie de récolte; manque peut être une indication sur le cultivar.

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Long Jing, Puits du Dragon, 龙井茶 – Généralités

 

Je voulais faire une petite mise au point sur ce qui est probablement le thé vert le plus connu au monde: le Long Jing. D’ici quelques jours, je vais consacrer un article à la comparaison de trois Long Jing proposés par trois enseignes différentes. Avant tout ça, il me semblait primordial de planter de le décore en rappelant quelques généralité sur ce thé de renom.

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Diamant Vert – Goutte de Thé (ou prétexte à parler de Guizhou)

Aujourd’hui, je vais tester un thé d’un site web que je ne connais pas: Goutte de thé. C’est la toute première fois que je vais boire quelque chose qui vient de chez eux; j’espère ne pas être déçu. J’avais le choix entre deux thés: soit un Yun Wu, soit un « diamant vert ». Les Yun Wu c’est connu, on en entend souvent parler mais le diamant vert ça ne me dit rien, c’est inconnu au bataillon. J’ai donc opté pour celui-là.

Mon premier réflexe est de regarder ce qu’on en dit sur le site internet de Goutte de Thé. Il y est décrit comme étant un thé vert issu d’un jardin bio de la province de Guizhou. Créé par un certain Monsieur Mou, ce thé n’était – à l’origine – pas destiné à devenir un grand cru car son processus de fabrication n’entrait pas dans les critères très stricts imposés par la Chine (: un bourgeon et une seule feuille). Cependant, après des année de travaille, d’essais et corrections, il s’impose avec son bourgeon et deux à trois feuilles comme l’un des meilleurs crus de Guizhou et reçoit plusieurs prix. Voici ce qu’on nous en dit, ni plus ni moins. J’ai essayé de remonter l’info de diverses façons mais avec peu ou prou de succès. Les autres blogs similaires à celui qui à le plaisir de vous offrir cette lecture 😉 relaient tous les mêmes informations en précisant la période de récolte: le printemps et l’altitude : 1000m. Adepte des dénominations chinoises, des cultivars et géographies précises; je reste sur ma faim. En fouinant encore un peu sur le net, je fini par trouver que c’est un Zhu Cha (un thé en perles: ça je l’aurais bien dit tout seul) qu’on peut appeler Lü Bao Shi. Je ne parviens pas à aller plus loin pour le moment… Continuer la lecture

Genmaïcha Matcha – Jugetsudo

Après quelques semaines de travail acharné, il m’a semblé bon de profiter de mon premier jour de congé pour revenir vers vous et présenter un petit thé. Il s’agit du Gnmaïcha au Matcha de Jugetsudo. Il s’agit d’une petite boîte que j’ai reçue en cadeau accompagnée d’un Bancha Hojicha et d’un Sencha Asa.

Le Genmaïcha est une spécialité du Japon. Il s’agit d’une base de thé sencha ou bancha (c’est selon) agrémentée de riz soufflé. Nos amis nippons en raffolent lors des repas. Une histoire « assez drôle » fait remonter les origines du Genmaïcha au XVe siècle. À Hakone, sur l’île principale d’Honshu, vivait un Samouraï qui avait pour habitude de boire un bol de thé à chaque fois qu’il préparait une bataille. Un jour, son malheureux serviteur Genmai eut la maladresse de faire tomber quelque grains de riz dans le thé de son maître. Le Samouraï qui était un homme un tantinet expansif et colérique, agrippa aussi tôt son katana et décapita Genmai sans aucune autre forme de jugement. Une fois la tête de ce dernier ayant roulé au sol, le Samouraï – colérique mais économe – but néanmoins le thé et à sa grande surprise le trouva délicieux! À partir de ce moment, en mémoire de Genmai, il but chaque jours une tasse de thé vert au riz qui baptisa Genmaïcha. Cette histoire pour le moins romancé doit être prise avec des pincettes, les réelles origines de ce thé remonteraient plutôt aux années 40, lorsque les populations les plus démunies étaient contraintes à mêler du riz à leur thé, car celui-ci était devenu trop onéreux.

Avec le temps, il devenu commun de voir le genmaïcha se mélanger avec du Matcha (poudre de thé vert: https://tea-experience.be/2017/03/19/le-matcha-pour-les-debutants/ ). En « l’améliorant » de la sorte, on le rend plus tonique, plus énergisant. Il peut alors prendre le nom d’Iri Genmaïcha. Continuer la lecture

Liu An Guan Pian grade D – Nong Cha

Voici un thé vert de Chine que je voulais tester depuis longtemps. Le Liu An Guan Pian – bien que faisant partie des grands classiques pour les Chinois – reste encore trop méconnu dans nos contrées. Destiné à la consommation quotidienne, sont prix est souvent très abordable. Ceci explique peut-être le manque d’engouement qu’on lui porte. Cependant, il me plaît de croire que ce n’est pas parce qu’un thé n’est pas issu d’une récolte exceptionnelle qu’il ne peut être agréable à boire. Voici pourquoi je choisis de vous parler de ce Liu An Guan Pian qui – à mon sens – mérite d’être goûté au moins une fois dans une vie.

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