Baijiguan – Crête de coq blanche – 白鸡冠

 J’en ai déjà parlé lors de mon interview avec Un thé en vrac: mes thés favoris sont les yancha, les thés des rochers. Les Monts WuYi produisent, à mon sens, les meilleurs Oolong du monde. Aussi, lorsque mes amis souhaitent me faire plaisir, ils m’offrent un de ces thés. Pour mon anniversaire, j’ai reçu une merveilleuse boîte tout droit rammenée de Chine renferme quelques précieux petits sachets de Baijiguan. Il fallait que j’en fasse la dégustation avec vous!

Dans le nord du Fujian, se situe le massif des Wu Yi; une région montagneuse où le relief oscille entre 1100 et 2158m. Chacun des trente-six pics et nonante-neuf rochers possède son propre yancha (岩茶). Ben entendu, certains de ces thés rencontrent une notoriété plus grande que d’autre; c’est ce que les chinois appellent les Mingcong (名丛) ou Bouquet Célèbre. Quatre d’entre eux sont reconnus pour leur grande qualité: les si da Mingcong (四大名丛), les quatre grands Mingcong. Parmi eux, on retrouve: Tieluohan, le « Bonze en fer »; Shuijingui, la « Tortue d’eau dorée », Bantianyao, « la moitié du ciel » et … Baijiguan, la crête de coq blanc!

(Ceux d’entre vous qui connaissent un peu les Wuyi yancha se demanderont peut-être pourquoi le Da Hong Pao (grande robe rouge) ne figure pas dans la liste des 4 grands des WuYi: en réalité, celui-ci à obtenu un statut particulier de par son exceptionnalité et devient une catégorie à lui seul. C’est donc Bantianyao qui prend sa place au panthéon des oolong)

Baijiguan est le plus rare de ces Mingcong pour nous occidentaux. En effet, il est produit en très faible quantité et sa production demeure généralement nationale, voir même régionale; une vraie chance qu’on ait pu m’en rapporter! Ce thé est qualifié de crête de coq blanche en raison de la couleur peu commune de ses feuilles pour un thé des rochers. Celles-ci sont relativement claires en comparaison de celles des autres Mingcong. On peut aussi attribuer cette dénomination à une légende: Un moine qui élevait des poulets aurait vu son coq se sacrifier afin de sauver ses poussins des serres d’un aigle. Impressionné par la bravoure du volatil, le bonze l’inhuma et prit l’habitude d’entretenir de la sépulture. Avant qu’il ne soit longtemps, un théier sorti de terre à l’endroit précis où reposait l’animal donnant naissance au premier arbre dédié à la culture de Baijiguan. Notons que ce cru demeure un des yancha les plus compliqué à confectionner: c’est un travail d’orfèvre où la moindre erreur peut donner naissance à un thé trop oxydé et/ou trop torréfié ce qui lui fait perdre toute sa spécificité. Les artisans qui le cultivent sont de vrais alchimistes.

Pour ce qui est de la préparation, c’est un peu délicat… Les indications sont en chinois! Comme je ne maîtrise que très très partiellement cette langue, je vais me fier à mon bon sens en réalisant un gong fu cha classique avec une théière. (Je trouve que pour ce type de oolong « l’univers fermé » de la théière convient davantage à celui trop ouvert d’un gaïwan). De l’eau chauffée à 90°, des infusions très courtes de 6 et 8 secondes. Je pense pouvoir en faire cinq et six. Le sachet fait 8g; j’utilise l’entièreté.

Feuilles sèches: odeur végétale sec, légume, légèrement fruité (pomme). Belle diversité dans les couleurs des feuilles: vert, kaki, brune, parfois plus sombre, presque noir. les feuilles sont grandes et torsadées. La qualité est indiscutable.

Infusion: Les feuilles même infusées conservent leur disparité dans les couleurs. L’odeur est végétal humide (une peu comme l’odeur d’une forêt après la pluie). Il y a une odeur acide comme celle de certains fruits.

Liqueur: La liqueur est d’un beau jaune vif doré, son odeur évoque un fruit pas tout à fait mûr (poire?). La saveur est sucrée puis acide dans un second temps. Il y a des notes de miel clair liées à du floral type mimosa, fruits acides comme de la reine-claude, végétal sec. En toute fin de bouche, un retour très sucré/acidulé que je qualifierai de « fruit de la passion ». La texture est entre le lisse et le velouté au début puis devient de plus en plus ample.

Profil organoleptique: On est sur un thé qui a une évolution et une cohérence excellentes! Au début tout n’est que subtilité avec un raccord parfait entre la saveur sucrée qui accompagne les notes de miel et de fleurs. Ensuite, on part sur un pic un peu plus « peps » fruité et acidulé grâce à la note reine-claude (c’est un fruit que j’adore, j’ai été bon public pour le coup). Des notes plus neutres/végétales nous emmènent en douceur sur la fin de bouche qui est une synthèse simple et efficace de tout ce qu’on a ressenti: du fruit de la passion sucré/acide qui perdure en bouche!

Bilan: Je n’ai pas la prétention de croire que je suis spécialiste des yancha mais pour en avoir goûté beaucoup et de plusieurs sources différentes, je peux dire que celui-ci est réellement surprenant! Les constantes des bons yancha – à mon sens – sont: premièrement la torréfaction, secondement des notes fruitées-acidulées-abricotées. Ici, c’est tout à fait déstabilisant. Les notes pyrogènées sont pratiquement inexistantes (ce qui peut s’expliquer par le fait que le Baijiguan est le moins torréfié/ le plus vert des si da mingcong), on ne les retrouverait que timidement sur le végétal sec et encore. Par contre, les notes fruits acides sont là mais où on ne les attends pas! Et c’est une bonne surprise. Ces notes de reine-claude et de maracuja peu conventionnelles sont tout à fait appréciables et me rappellent en quelque sorte les DanCong du Guangdong (qui sont avec les yancha, les meilleurs Oolong de Chine à mon goût).

Comme c’est un thé qui ne peut pas s’acheter par chez nous et un cadeau qui plus est, je ne vais pas mettre de note pour une fois. Cependant, s’il fallait tout de même le coter, il va sans dire que ça frôlerait la perfection!

2 commentaires

  1. Bonjour

    Je suis Philippe, en charge du contenu, du suivi clientèle et du marketing de thecalin.com.
    Je me suis permis de citer votre blog de thé dans ma page dédiée aux blogs de thé.
    Si vous ne souhaitez pas y figurer ou bien apporter des modifications au texte présentant votre blog, je me soumettrais à vos souhaits.
    Si vous souhaitez recevoir des échantillons de thé, indiquez-moi 4 ou 5 thés qui vous feraient plaisir et une adresse postale.
    Cordialement

    Philippe

    Service client et marketing de ThéCalin

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