Genmaïcha Matcha – Jugetsudo

Après quelques semaines de travail acharné, il m’a semblé bon de profiter de mon premier jour de congé pour revenir vers vous et présenter un petit thé. Il s’agit du Gnmaïcha au Matcha de Jugetsudo. Il s’agit d’une petite boîte que j’ai reçue en cadeau accompagnée d’un Bancha Hojicha et d’un Sencha Asa.

Le Genmaïcha est une spécialité du Japon. Il s’agit d’une base de thé sencha ou bancha (c’est selon) agrémentée de riz soufflé. Nos amis nippons en raffolent lors des repas. Une histoire « assez drôle » fait remonter les origines du Genmaïcha au XVe siècle. À Hakone, sur l’île principale d’Honshu, vivait un Samouraï qui avait pour habitude de boire un bol de thé à chaque fois qu’il préparait une bataille. Un jour, son malheureux serviteur Genmai eut la maladresse de faire tomber quelque grains de riz dans le thé de son maître. Le Samouraï qui était un homme un tantinet expansif et colérique, agrippa aussi tôt son katana et décapita Genmai sans aucune autre forme de jugement. Une fois la tête de ce dernier ayant roulé au sol, le Samouraï – colérique mais économe – but néanmoins le thé et à sa grande surprise le trouva délicieux! À partir de ce moment, en mémoire de Genmai, il but chaque jours une tasse de thé vert au riz qui baptisa Genmaïcha. Cette histoire pour le moins romancé doit être prise avec des pincettes, les réelles origines de ce thé remonteraient plutôt aux années 40, lorsque les populations les plus démunies étaient contraintes à mêler du riz à leur thé, car celui-ci était devenu trop onéreux.

Avec le temps, il devenu commun de voir le genmaïcha se mélanger avec du Matcha (poudre de thé vert: https://tea-experience.be/2017/03/19/le-matcha-pour-les-debutants/ ). En « l’améliorant » de la sorte, on le rend plus tonique, plus énergisant. Il peut alors prendre le nom d’Iri Genmaïcha.Sur le site de Jugetsudo on conseille de le préparer à 100° et l’infuser 30′. Une si haute température, ça me semble un peu fou. Je préfère l’infuser dans une petite théière en verre (0.25cl), 3g de thé, infusion de 2′ à 70°.

Feuille sèche: Les feuilles sont en forme d’aiguilles et parsemées de grains de riz soufflés. On remarque le dépôt de poudre verte du matcha. L’odeur est à la fois végétal (légume), florale et iodé. Les notes pyrogènées sont discrètes.

Infusion: Les feuilles sont nettement moins jolie une fois infusées. On dirait une bouillie verte. L’odeur est assez surprenante: les notes pyrogènées se sont révélées, c’est également céréale, légume, cresson.

Liqueur: la liqueur en tasse est d’un beau vert clair assez trouble (logique, c’est le matcha). La saveur est d’abord amer et puis tire vers le sucré. Les notes sont nombreuses et évolutives: pyrogéné-céréale, soupe de légumes (avec des croutons :p ), algues, poisson (panné) et floral voir fruité. La texture est entre l’épais et le poudreux.

Profil organoleptique : c’est un thé qui reste difficile à cerner. Il y a beaucoup de va-et-vient. Les notes accompagnent les saveurs : d’abord l’amertume qui colle au pyrogéné et à la soupe de cresson, une phase de transition avec les notes marines et puis le sucrée qui s’accorde au floral/fruité. Il y a un allé-retour permanentant entre ces deux pôles qui ne se stabilise jamais vraiment ; il n’y a pas un moment où un équilibre apparaît. Le tout sur un fond de texture épaisse.

Bilan : c’est un thé complexe avec un grand nombre de notes. Ces dernières s’agencent étrangement à mon goût (d’occidental), je ne suis pas certain que toutes aillent ensemble (toujours à mon propre goût). En tout cas, il faut reconnaître à ce thé un éventail de notes très ouvert ce qui généralement est rare sur un genmaïcha. Nonobstant, le manque d’équilibre me chiffonne, me dérange presque… Donner une note à ce thé n’est pas aisé. Je vais lui attribuer un timide 6/10.

 

Retrouvez ce thé ici: http://www.jugetsudo.fr/genmaicha-boite-metal-50g.html

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