Tamaryokucha Kamai-iri cha – Camélia Sinensis

Lorsqu’on me demande d’expliquer la différence entre un thé vert chinois et un thé vert japonais la réponse est simple et invariablement la même: « Les Chinois sont fixés à la chaleur sèche sur du métal chaud tandis quel es Japonais le sont à la vapeur d’eau ». Voici un thé qui vient confirmer la règle : le Kamai-iri cha!

On le sait bien, l’archipel nippon pullule de thés verts de types sencha (en aiguille). À côté de ceux-ci, existent quelques autres vérités dont – entre autres – le Tamaryokucha (Le thé en boule : tama-(boule), ryoku(boisson verte) et évidemment cha-(thé) ).
Ce que parfois, on ignore, c’est qu’il existe deux types de Tamaryokucha: l’un traité à la vapeur de façon « ordinaire » au Japon : le Guricha et l’autre séché à sec au wok: le Kamai-iri cha. Aujourd’hui, nous allons un peu nous attarder sur cette petite exception à la règle japonaise.

Le Kamai-iri cha est une spécificité du sud de l’île de Kyushu ancienne de plus de quatre cent ans. Bien que tombé en désuétude de nos jours, il a connu sous l’époque Edo un grand succès auprès des intellectuels de l’époque. C’est dans le département de Miyazaki qu’on en produit le plus mais on en retrouve également à Saga et Kumamoto.

Le Guricha quant à lui est une invention plus récente datant des années 30. À cette époque, la Chine avait la main mise sur le commerce du thé en occident et au proche orient. Le Japon – envieux de ce succès – voulait également sa part du gâteau. Il fut très vite confronté à deux problèmes majeurS : le premier étant que sa cible aimait le thé fixé à sec à la Chinoise rendant ainsi le commerce du sencha – trop marin de part sa fixation à l’étuvée – invendable. Le deuxième problème était que la production du Kamai-iri cha restait – et demeurée – très anecdotique : les industries et usines japonaises ne sont pas conçues et équipées pour produite du thé non-étuvé. La solution apportée fut la création d’un thé étuvé ou la phase de malaxage (qui confère sa forme en aiguille aux sencha) par une phase de séchage ; créant ainsi un thé avec des notes plus proche du Kamai-iri cha que de celles du sencha.
Ce thé a connu un succès relatif jusqu’à la moitIé du XXe siècle. Aujourd’hui le deux famille de Tamaryokucha ne représentent plus que 3% de la production annuelle de thé vert au Japon.

Passons à la dégustation: l’eau est à 70° (non 80 comme indiqué par Camélia Sinensis – ça me semble trop pour du thé vert), 2.5g pour 250ml d’eau dans une théière en verre. Infusion occidentale de 2 minutes.

Feuilles sèches: petits bâtons d’un vert très profond avec parfois l’une ou l’autre feuille plus claire ; il s’agit peut-être de bourgeons. L’odeur est végétale-légume et pyrogénée.

Infusion : les feuilles sont « hachées » grossièrement à la façon des sencha et tamaryokucha. L’odeur est noisette grillée et fruitée.

Liqueur : sa couleur est jaune. Les saveurs sont acides et amères. Il y a des notes pyrogénées (pain grillé, noisette, noix de macadamia), végétales (légumes cuits), séchés (abricot sec), algue. La texture est lisse.

Profil organoleptique : la première impression est « salée »; ça doit être dû au mélange algue et pain grillé. Les saveurs n’émergent pas tout de suite ce qui est un peu déroutant. Ce n’est que dans un second temps que les notes végétales de légumes cuits amène l’amertume qu’on connaît sur les thés japonais. Par petits pics, on devine les notes d’abricot sec mais ça reste très timide. La texture – très plate – ne vient rien mettre en avant sur ce thé.

Bilan: ce test me laisse un peu mi-figue, mi-raisin… Je suis perdu être le contentement d’avoir enfin testé un thé dont j’avais beaucoup entendu parler et la déception de l’avoir trouvé plus que banal. Ce thé vert cultivé sur des cultivars japonais produit avec un mode inspiré de ce qu’on fait en Chine ne montre finalement rien de spécial ; il me fait penser à un Lu’an guan pian de qualité moyenne. Je me serais attendu à quelque chose de plus riche en terme de notes comme les Jejudo Coréens. J’ai eut finalement assez peu de plaisir à le boire, il obtient une note de 5/10

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