Comparaison Long Jing de printemps 2017

Je l’avais annoncé juste avant Noël et vous êtes nombreux à m’en reparler, à me le réclamer: le grand jour de la dégustation est arrivé! Aujourd’hui, je vais tester concomitamment (ou presque) trois Long Jing de printemps 2017.

  • Le premier nous vient de la maison de thé Terre des Thés. Le sachet nous indique qu’il est récolté dans la région de Hangzhou au printemps 2017
  • le second a été commandé chez Mei Leaf à Londres. Récolté au printemps 2017 (avant qingming selon la boîte), la localisation est plus vague « Zhejiang » mais nous avons une altitude: « 600m ». On précise également le cultivar: Long Jing 43
  • La troisième a été acheté chez Nong Cha à Bruxelles. Il a été récolté avant Qingming dans la région de Xi Hu.
    • Jusqu’à présent – bien qu’avec un descriptif plus succins – Nong Cha est le plus complet sur la zone et la chronologie de récolte; manque peut être une indication sur le cultivar.

Je vais les déguster tous les trois au gaïwan. Ne possédant pas un stock illimité d’ustensiles identiques, je vais procéder avec les moyens du bord: ils ne sont pas de matière et contenance tout à fait égales. Je sais que ça n’est pas idéal mais c’est comme ça.

Il n’a pas été aisé de déterminer par quel thé j’allais commencer et lequel irait dans quel gaïwan. Finalement, j’ai disposé thés et gaïwan dans l’ordre chronologique où il sont arrivés chez moi. Ainsi donc, le gaïwan transparent accueillera le Long Jing Terre des Thés, le gaïwan automne infusera le Long Jing Mei Leaf et le gaïwan poisson ira avec le Nong Cha.

Je respecte les mêmes paramètres d’infusion: eau à 70°, 4g de thé, infusion de 20 » et croissante par 10 ».

Première dégustation: Terre des thés:

Feuilles sèches: Les feuilles sont d’un vert un peu terne, assez kaki. la cueillette n’est pas très fine. Il doit y avoir le bourgeon et une voire deux feuilles. J’ai remarqué une petite tige brune. Certaines feuilles sont « brisées ». L’odeur est végétal sec.

Infusion: Les feuilles sont devenues vertes claires teintées de brun. Même infusées, je ne trouve pas les feuilles très belles pour une récolte de printemps. L’odeur est légume cuit (courgette), noisette et pyrogènée.

Liqueur: vert pâle, très peu d’odeur. Saveur: sucré. Notes: Noisette fraiche, floral, légume doux. Texture: velouté. Sur la deuxième infusion, les notes sont un peu plus marquées, elles se révèlent un peu plus mais il n’y a pas de vraie surprise.

profil organoleptique: Il y a cohérence entre l’extrême douceur de la texture, des notes et de la saveur mais c’est tout; il n’y a aucun relief.

Bilan: Il y a très peu de puissance, c’est vraiment très fin, presque fade… La saveur et la texture sont inintéressantes et viennent « rattraper le coup » mais les notes sont trop timides.

 

Seconde dégustation: Mei Leaf:

Feuilles sèches: petites feuilles presque uniformes dans le pliage et la couleur. Elles sont kaki, bien repliées sur le bourgeon. L’odeur est discrète; peut être noisette fraiche.

Infusion: Infusées les feuilles ont gardé la même couleur. Elles ont une odeur de riz soufflé mêlé à quelque chose de végétal (comme un genmaïcha)

Liqueur: la liqueur est très pâle, presque blanche. Son odeur est florale. La saveur est sucrée et très légèrement acide. Les notes: pyrogèné, noisettes, noix, amande torréfiée, céréale, riz soufflé, végétal, légume cuit, cresson, minéral, floral. La texture: ronde mais il y a quelque chose qui ne la rend pas fluide, ça accroche un peu. Sur la deuxième infusion: les « excès » des notes pyrogènées sont gommés pour plus d’équilibre.

profil organoleptique: Dès la première gorgée c’est une explosion de goût avec des notes pyrogènées intenses, puis on va vers la douceur avec le floral et le légume. La saveur sucrée vient contrebalancer la puissance des notes pyrogènées. Il y a juste la texture qui est un peu « étrange »: ni ronde, ni anguleuse.

Bilan: C’est un thé avec une belle puissance aromatique et où la saveur contraste avec les note pour servir l’harmonie du thé.

 

Troisième dégustation: Nong Cha:

Feuilles sèches: De petite feuilles toutes vertes clair. Les plus petites et plus vertes depuis le début de l’expérience. On voit directement qu’il y a eu grand soin sur la récolte: ça doit être un bourgeons et une feuille. l’odeur est végétal et métallique.

Infusion: les feuilles deviennent assez claires; c’est comme si elles reprenaient vie avec l’eau. L’odeur est légume amer et très métallique, un peu florale également.

Liqueur: La liqueur est très pâle et cristalline. L’odeur est légume cuit. Saveur: très sucré. Notes: floral (fleurs blanches), légumes à la vapeur, fruits à coques (noisette fraiche), pyrogèné, métallique et minéral, herbes aromatiques. La texture est huileuse. La seconde infusion reste fidèle à la première: tout aussi bonne.

profil organoleptique: il y a une très belle présences des notes. On a de tout: du pyrogèné, du végétal, du minéral (tout ce qu’on attend d’un Long jing) et quelque chose de floral (ce qu’on s’attend à trouver sur un pré Qingming). Tout ceci est très équilibré, rien ne se démarque plus que le reste. Le tout sur fond d’une saveur très sucrée et d’une texture vraiment impressionnante. Il y a également une grande longueur en bouche, quelque chose de frais qui perdure.

Bilan: C’est un thé très équilibré qui rempli toutes les attentes qu’on pourrait avoir d’un Long Jing de printemps.

 

Bilan final: Il est temps de proclamer le vainqueur! Entre le Long Jing Terre des Thés un peu trop « fade » qui se révèle davantage sur la deuxième infusion mais sans grande surprise et le Mei Leaf: très surprenant mais qui perd un peu sur la seconde infusion pour finalement rejoindre le Terre de Thés c’est le Xi Hu Long Jing de Nong Cha qui l’emporte!
À mon sens c’est celui qui possède l’éventail de notes le plus ouvert, complet et équilibré, qui rempli toutes les conditions d’un bon Long Jing de printemps et qui tout au long des infusions reste constant.

 

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