Oriental Beauty (ou prétexte à parler d’un thé d’exception)

Il y a quelques semaines, mon tea friend M. m’a fait un petit (gros) cadeau : un paquet d’Oriental Beauty. Il s’agit d’une analogie délicieusement exotique et taïwanaise à la Tarte Tatin, une espèce d’accident de production de thé qui avec les années est devenu un des incontournable du thé taïwanais!


Ce que nous autres – petits occidentaux – appelons pompeusement « Oriental Beauty » est un thé produit dans le nord de Taïwan, dans la région de Hsin Zhu en bordure du Lac Emei pour être précis. Ce district fournit 60 % des thés noirs de la production nationale taïwanaise. Les Bai Hao Oolong (les Oolong à pointes blanches) comme les Fancy Oolong ou l’Oriental Beauty (le plus prestigieux des Bai Hao) sont la spécialité locale. Ces Bai Hao se caractérisent par une « amusante » particularité : il nécessite l’intervention d’un insecte pour être produit ! En effet, ces thés ne peuvent être manufacturés qu’en juillet et août après avoir été dégradés par un moucheron appelé Jacobiasca Formosana (Paoli pour les intimes). Le Paoli va venir mordre les extrémités de la feuille de thé pour en aspirer les sucs (j’ai conscience que cette information va rendre tout relatif le côté « glamour » du nom Oriental Beauty). Cette « agression entomologique » va en modifier la structure chimique et donner naissance à de nouveaux composés aromatiques impossibles à récréer par la main de l’homme. Ce thé au mode de production hors du commun va pouvoir être vendu à des sommes pharaonesques; ces prix élevés ont conduit nos amis taïwanais à surnommer l’Oriental Beauty : « Pong Fong Cha« , le thé des vantards ! Suite à l’intervention des moucherons, le thé sera récolté et suivra le procédé de fabrication ordinaire d’un oolong fortement oxydé (70 %). À la fin du processus, nous obtenons un magnifique thé bleu-vert avec de beaux bourgeons blanc et des feuilles vertes au centre et rouge aux extrémités. Il sera appelé « Wu Se Cha« , le thé aux cinq couleurs.

(Si vous n’êtes pas des pigeons, vous noterez que ce thé est FORCÉMENT bio ! S’il y a des pesticides : pas de moucherons, pas de moucherons, pas de morsures, pas de morsures, pas de modification biochimique, pas de modification biochimique, pas d’Oriental Beauty! C.Q.F.D. )

Pour déguster le thé de M., je ne vais – une fois de plus – pas suivre les conseils d’infusion de l’étiquette du paquet : 90°C, 6 minutes, 6g/30cl. Je vais plutôt pratiquer un Gong Fu Cha: 90°, 10g, et des infusion progressives : 20 » – 40  » – 1′, …
Procéder d’une autre façon qu’au Gong Fu Cha eut été un infanticide ! On ne malmène pas un cru d’un tel prestige dans une théière occidentale en ne l’infusant qu’une fois – nous sommes entre gens civilisés que je sache !

Feuilles sèches:
On retrouve bien de toutes les couleurs: bourgeons blanc, feuilles verts, brunes, noires, rouge rouillé. Les feuilles sont belles, grandes, légèrement torsadées. L’odeure est boisée (presque comme pour un thé noir), fruitée, fruitS compotés, épices douce (cannelle).


Infusion:
La couleur s’est uniformisée sur le brun-rouge, les feuilles montre un cueillette fine: le bourgeons et une, parfois deux feuilles. Le parfum est miel, fruits compotés, fruits jaunes, floral, végétal sec (feuilles d’automne)

  
Liqueur:
Première infusion: la saveur est sucrée, les notes: végétales, feuilles mortes, fruits saumurés, fruits jaunes (abricotés), muscat, vanilles. La texture est huileuse avec une belles longueur.

Deuxième infusion: saveurs sucrée et acidulée. Les notes sont muscat et boisées, florales, vanille et épices douces. La texture est toujours aussi huileuse.
Troisième infusion: la saveur est redevenue très sucrée. Les notes évoluent vers quelque chose de bien plus fruité: muscat, raisins blanc, abricots, … il y a également un peu d’épices. La texture devient plus lisse.

(Je vais continuer à faire plusieurs autres infusions le thé n’a pas encore tout donné mais je m’arrête ici pour l’article).

Profile organoleptique:
Il y a une grande cohérence entre les saveurs, les notes et les texture. La saveur sucrée se met parfaitement au services des notes fruitées et les intensifie. La texture huileuse rappelle bien celle d’un thé blanc. L’Oriental Beauty c’est une valeur sûr.

Je ne vais pas parler cette fois du point de vente et du prix de ce thé – d’ailleurs je ne le connais pas, c’est un cadeau!. Le but de cet article est de faire découvrir le meilleur des Bai Hao et de prolonger le partage de ce très beau cadeau.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *