Kanaya Midori de Mankichi Watanabe (thé noir japonais bio)

Le thé noir japonais ! Voici un sujet que je voulais aborder depuis un moment, mais que je repoussais tant ça peut se montrer particulier par moment. D’abord, il faut se rendre compte que ça n’est pas si commun que ça ! Au Japon, on produit 99 % d’O (de thé japonais, forcément vert); le pourcent restant représente des Oolong et des thés noirs appelés Kô Cha.
Sous l’ère Meiji (période historique allant de 1868 à 1912), le culture du thé connaissait une grande expansion et tendait sans cesse à se renouveler. C’est ainsi que Tada Motokichi fut envoyé en 1876 à Darjeeling afin d’observer la fabrication de thés oxydés. Premier japonais à mettre les pieds à Darjeeling, il rapporte dans ses valises des graines qui permettront de mettre au points le cultivar Benifuki (un hybride assamica) qui deviendra le principal utilisé aujourd’hui pour réaliser du thé noir au japon.

Celui que je vais vous présenter aujourd’hui est un Kanaya Midori produit sur l’île de Yakushima (préfecture de Kagoshima, région de Kyushu). Je me le suis procuré au Cha-Hu-Thé. Ce thé a la particularité de posséder un label bio.
Je suis généralement septique quant à ce type de label sur le thé. En effet, ce n’est à mon sens qu’un concept d’occidentaux créé pour d’autres occidentaux. En Asie le bio, reste abstrait pour la population. Jamais un Asiatique qui tend à produire du thé de qualité ne salira ses plantations avec des produits chimiques. Utiliser ces produits est réservé la plupart du temps à la production de masse, le C.T.C. et autre sachet Lipton ou Kusmi à la Camomille… De plus, l’U.E. ne parvient pas à se mettre d’accord sur ce qui est bio et ce qui ne l’est pas. Un label bio français ne correspondra pas à un label italien ou autrichien pour un point dans un alinéa perdu en bas de page sur la charte. Je préfère donc ne pas m’handicaper avec ce type de contingences. Enfin, généralement les thés « bio » ont souvent (pas toujours, nous le verrons ici) un goût dont le caractère décevant est directement proportionnel à l’exagération du prix.

Donc nous savons que Mr. Watanabe possède une ferme du côté de Yakushima dans Kyushu. Quoi d’autre? Que le cultivar qu’il utilise n’est pas commun non plus pour un Kô Cha. En effet, il n’utilise pas de le Benifuki mais bien le Kanaya Midori généralement utilisé pour les O Cha (les thés verts), un cultivar connu pour ses parfums lacté (en tout cas sur thé vert), fruité et floral souvent utilisé pour faire du bio. Je vais tester ce que ça rend en thé noir.

Les indications du paquet conseillent de le préparer au poêlon japonais (je ne le ferrai pas, le mien est en terre cuite, donc poreux; je n’ai pas envie de percuter les notes de mes prochains thés verts avec celles d’un noir: je vais utiliser mon gaïwan). Donc 2g de thé dans un gaïwan et puis je respecte le reste des indications: de l’eau à 90°, quatre infusions: la première 20 » et les trois suivantes 10″.

Feuille sèche:
L’aspect n’est pas particulièrement engagent. La feuille à l’aire brisée et pas en très bon état mais l’odeur elle est très satisfaisante: sucrée et gourmande, boisée, fruits frais, fleurs de champs.

Infusion:
La couleur est marron claire, un peu ambrée. Ça sent le bois, le miel et un peu les fruits saumurés.

Liqueur:
La saveur est sucrée et puis légèrement acide. Les notes sont bois ciré, fruité, florales, sirop d’érable et épicée (poivre,…). La texture, quand à elle, est sirupeuse et sans la moindre astringence.

Profil organoleptique:
C’est un thé très équilibré entre les saveurs, les notes et les textures. Le côté boisé nous rappel qu’on est sur un thé noir. Les notes bois ciré, miel et fruit en attaque peuvent faire penser à un très bon Ceylan voir un Yunnan et puis les notes de cœur plus particulières (fleur, sirop d’érable) viennent marquer les spécificités de ce thé. La saveur sucrée et la texture épaisse soulignent parfaitement cette impression de sirop d’érable.

Bilan:
Ce Kanaya Midori reste un thé « simple » sur les notes; la palette n’est pas particulièrement étendue. Cependant, il y a une belle surprise sur les reliefs érable et fleur (Personnelle, l’érable ça me fait penser au Japon en automne avec ses arbres tous rouges, ma tasse me fait voyager un peu…). De plus l’harmonie et l’équilibre entre les notes et la texture est remarquable. Bien que sur un thé noir, on ressent une délicatesse toute nippone. De plus, on est sur un thé label bio ce qui pour certain n’est pas négligeable; le goût n’est pas toujours au rendez-vous, mais là il est particulièrement agréable. Ce thé vaut bien un 7.5/10

Retrouvez ce thé ici: http://www.cha-hu-the.be/fr/thes-noirs-du-japon/2417-watanabe-kanaya-midori-koucha-100g.html

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